Coloc’Jeunes : à Douai, un dispositif de colocation solidaire pour les jeunes en rupture de logement
07 août 2026
11 janvier 2019
Le drame des effondrements d’immeubles à Marseille a mis en avant l’urgence d’affronter une réalité qui concerne aujourd’hui 900 000 à 1 300 000 personnes, contraintes de vivre dans des conditions d’habitat dangereuses et indignes. Très présent dans des centres anciens de grandes agglomérations, négligés depuis trop longtemps, l’habitat indigne touche aussi le reste du territoire, en métropole comme en outre-mer, de manière parfois invisible : les zones périurbaines, les bourgs anciens, les villages et les territoires ruraux reculés.
Ce phénomène massif (600 000 logements) est en grande partie le résultat d’une crise du logement qui persiste et qui, par le manque de logements accessibles aux ménages pauvres et l’explosion des loyers dans le parc privé décent, a produit des effets désastreux :
L’habitat indigne c’est aussi une manifestation de la pauvreté et de l’isolement social. C’est le cas, par exemple, de nombreuses personnes âgées en milieu rural, qui subissent depuis longtemps des conditions d’habitat difficiles et dangereuses, et n’appellent jamais à l’aide.
Les actions menées pour résorber ces différentes manifestations de l’habitat indigne — toutes plus préoccupantes les unes que les autres — sont nettement sous calibrées. Certes, le Gouvernement multiplie les annonces percutantes contre les « marchands de sommeil », phénomène révoltant et contre lequel il faut agir effectivement avec détermination. Certes, il a mis en place récemment deux plans pour contribuer à lutter contre l’habitat indigne (le plan « Initiatives Copropriétés » et le programme « Action Coeur de ville »), dont il faut saluer l’initiative. Mais ces plans ne fonctionneront qu’avec un engagement réel et large des collectivités. Or que se passe-t-il concrètement sur le terrain aujourd’hui ? Quelle est la réalité de la mobilisation des collectivités territoriales ?
À l’heure actuelle, les nombreux outils, moyens financiers et dispositifs ne sont pas suffisamment saisis par les forces vives sur le terrain : trop de territoires n’ont pas mis en place d’opérations de lutte contre l’habitat indigne (alors qu’un atlas actualisé régulièrement leur permet d’identifier les zones concernées) et trop de ménages restent en souffrance, dans l’attente d’une aide de la puissance publique. Les procédures coercitives (arrêtés d’insalubrité et de péril notamment) ne sont pas engagées ou pas suivies comme il le faudrait par les agents de l’État ou des services d’hygiène, la justice peine encore à poursuivre et condamner de manière effective les personnes qui ne respectent pas la loi.
Par ailleurs, l’accompagnement des occupants est déterminant, car aucune solution ne peut aboutir sans que le locataire ou le propriétaire occupant ne soit informé, rassuré, convaincu et accompagné dans la durée. Or cet accompagnement est gravement sous-financé : 3 à 5 fois moins que nécessaire en ce qui concerne l’accompagnement sociotechnique des propriétaires occupants, et très peu financé en ce qui concerne l’accompagnement juridique des locataires, pour leur permettre de connaître et défendre leurs droits.
En somme, l’ambition et la volonté ne sont pas au rendez-vous. Cette situation ne peut durer et le drame de Marseille doit amener l’État et les élus de tous les territoires à ouvrir les yeux et à se saisir de l’arsenal existant. La Fondation Abbé Pierre demande donc au gouvernement d’engager sans tarder un ambitieux plan national de lutte contre l’habitat indigne, avec une véritable volonté programmatique :
Enfin, il nous faut agir sur tous les maillons des politiques du logement pour que l’habitat indigne ne soit plus un inacceptable refuge pour des ménages qui n’ont pas pu se loger décemment ailleurs. La bataille contre l’habitat indigne ne pourra être gagnée que lorsque la crise du logement sera enrayée par la mise en oeuvre de toutes les mesures portées depuis des années par les associations et la Fondation Abbé Pierre : production massive de logements à loyers abordables (et bien situés), encadrement des loyers en secteurs tendus, augmentation des APL, accélération de la politique du logement d’abord, intensification de la prévention des expulsions locatives, renforcement des moyens
Contact presse : Naziha Nhari, Coordinatrice communication
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