Coloc’Jeunes : à Douai, un dispositif de colocation solidaire pour les jeunes en rupture de logement
07 août 2026
24 avril 2026
L’annonce du gouvernement visant à autoriser la relocation des logements classés G – et demain F – sous condition d’un “engagement de travaux sous 3 à 5 ans” constitue un affaiblissement majeur de la politique de rénovation énergétique issue de la Loi Climat et Résilience.
Présentée comme un simple ajustement de méthode “sans changer l’ambition”, cette mesure revient en réalité à suspendre le principal levier efficace : l’obligation progressive de de rénovation des passoires thermiques. L’obligation claire est remplacée par une promesse conditionnelle : dans les faits, c’est un recul.
Le dispositif repose sur la signature d’un contrat engageant le propriétaire à réaliser des travaux dans un délai de 3 à 5 ans. Mais cet engagement porte sur une intention, non sur un résultat mesurable. Est ici garanti un engagement administratif, pas un résultat énergétique.
Trois ans correspondent à la durée d’un bail, cinq ans à celle de plusieurs occupations successives
L’efficacité d’un tel dispositif repose sur des capacités de contrôle et de sanction aujourd’hui largement insuffisantes. Sans vérification systématique ni conséquences immédiates en cas de non-respect, ces engagements risquent de rester largement déclaratifs. Une garantie sans contrôle effectif, ce n’est pas une garantie, c’est une intention.
Ce flou ouvre la voie à des effets d’aubaine : des propriétaires pourront continuer à louer sans engager réellement les travaux nécessaires. Ce dispositif va surtout être utilisé par ceux qui ne voulaient pas rénover.
Les obstacles à la rénovation énergétique sont connus : difficultés de financement, complexité technique, blocages en copropriété, manque de main-d’oeuvre qualifiée. Allonger les délais ne traite aucun de ces enjeux structurels. Les délais sont ainsi allongés, sans traiter les causes du blocage.
Au contraire, cet assouplissement risque d’envoyer un signal négatif à l’ensemble de la filière, en affaiblissant la visibilité et la crédibilité du calendrier réglementaire.
Ce sont les locataires qui paieront le prix de cette mesure : maintien dans des logements trop froids ou trop chauds, énergivores, parfois insalubres, avec des factures élevées et sans garantie réelle d’amélioration à court terme. On demande aux locataires de patienter des années dans des logements indignes, au nom d’un pari incertain.
Au fond, la logique du dispositif est claire : sécuriser la location, pas la rénovation.
Contrairement à une idée reçue, la détention des passoires thermiques en location n’est pas majoritairement le fait de ménages modestes. Selon l’Observatoire National de la Rénovation Énergétique (ONRE) :
Ces données invitent à relativiser l’argument d’une mesure nécessaire pour protéger des petits propriétaires en difficulté.