10 avril 2026
Plan d’électrification du bâtiment : une stratégie à contre-sens des besoins réels des logements et des ménages
10 avril 2026
Le Premier ministre vient de dévoiler les grandes lignes du plan d’électrification du bâtiment. La mesure phare repose sur l’installation d’un million de pompes à chaleur par an, notamment via le conditionnement de l’accès aux aides publiques à l’installation de ces équipements.
Le collectif Rénovons alerte : cette orientation, centrée quasi exclusivement sur le changement de système de chauffage, constitue une erreur stratégique majeure. Elle oublie un levier fondamental de la transition énergétique : l’isolation des bâtiments.
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Une politique qui nie la réalité des passoires thermiques
Une passoire thermique ne se résume pas à un logement énergivore. C’est un habitat dégradé, marqué par une isolation insuffisante, des infiltrations d’air, des vitrages obsolètes et une ventilation inadaptée. Ces défaillances entraînent non seulement des consommations excessives, mais aussi des conditions de vie indignes, avec des impacts sanitaires avérés liés à l’humidité et aux moisissures.
Dans ce contexte, promouvoir massivement l’installation de pompes à chaleur sans traiter en priorité l’enveloppe des bâtiments revient à ignorer les causes structurelles du problème. Tant que l’isolation et la ventilation ne sont pas améliorées, les besoins énergétiques restent élevés, et les équipements risquent d’être surdimensionnés, coûteux et inefficaces.
Rénover avant d’électrifier
La transition énergétique du secteur du bâtiment ne peut réussir sans une priorité claire donnée à la réduction des besoins, par l’isolation et l’amélioration de la qualité des logements. L’électrification des usages ne peut être qu’un second temps, venant compléter une rénovation ambitieuse et cohérente.
À défaut, le risque est grand de multiplier des investissements coûteux, inefficaces et socialement injustes, sans répondre aux enjeux climatiques, sanitaires et sociaux que posent les passoires thermiques.
“ Une passoire thermique, ce n’est pas qu’un logement où l’électricité est trop chère. C’est d’abord un logement mal isolé, où l’on développe des pathologies respiratoires et cardiovasculaires. En ce sens, il apparaît très clair que ce plan d’électrification a pour ambition de répondre à des enjeux de réindustrialisation et de souveraineté, mais en aucun cas à la lutte contre la précarité énergétique. “ – Damien Barbosa, coordinateur du collectif Rénovons
Nos demandes
Face à ces constats, le collectif Rénovons formule des demandes claires :
- Interdire le financement de mono-gestes de type installation de PAC dans les passoires thermiques via MaPrimeRénov’ par geste ;
- Redéfinir la notion de passoire énergétique en intégrant explicitement la performance de l’enveloppe du bâtiment ;
- Ne pas financer le remplacement de pompes à chaleur anciennes sans amélioration globale du logement ;
- Maintenir et renforcer le dispositif MaPrimeRénov’ parcours accompagné pour les ménages modestes et très modestes ;
- Revenir, pour ces ménages, à des niveaux d’aides équivalents à ceux de début 2024 afin de permettre des rénovations globales réellement performantes.
Contact presse :
Damien Barbosa, coordinateur du collectif Rénovons, damien.barbosa@cler.org, 06 86 71 22 06