La Maison du Hameau Saint-Michel

Diversifier les possibilités de choix de logement faites aux jeunes adultes porteurs de handicap, c’est l’objet de la Maison du Hameau Saint-Michel. Co-porté par SOLIHA Centre Val de Loire avec des associations du domaine médico-social, le projet permet une acculturation mutuelle entre deux cultures professionnelles, et innove dans le champ de l’habitat inclusif, au plus près du droit commun.

Parier sur le logement de droit commun

« En 2017, il n’y avait pas encore de financements dédiés à l’habitat inclusif, dispositif créé par la loi ELAN et défini par un décret paru en juin 2019. » raconte Stéphanie Hoinard, directrice du Hameau Saint-Michel. « Mais chez SOLIHA Centre Val-de-Loire, nous nous étions pourtant déjà posé la question : pourquoi ne pas tenter la solution du logement de droit commun pour des jeunes ayant une capacité d’autonomie et aptes à donner l’alerte le cas échéant ? Pendant 2 ou 3 ans, nous avons donc expérimenté une formule d’hébergement temporaire, en partenariat avec d’autres associations, pour permettre aux jeunes de tester l’autonomie en sortie d’IME. »

Diversifier les possibles, c’est la vocation même du Hameau Saint-Michel : atypique, la structure propose un support au logement intéressant, avec plusieurs étapes possibles, de la chambre avec demi-pension dans un restaurant associatif sur site au logement indépendant, en passant par la chambre avec kitchenette et cuisine commune.

Une alternative aux trajectoires résidentielles automatiques

En 2020, une première expérience démarre avec la mise en place d’un projet d’habitat inclusif de 8 logements en diffus, dans un rayon resserré autour du Hameau. Souple, le dispositif varie les montages proposés : acquisition du logement par la famille du jeune, captation dans le parc privé ou public par location ou sous-location. Un lieu ressource pour des temps collectifs est positionné dans Le Hameau.

En 2023, le projet « La Maison » voit le jour avec l’acquisition par la SOLIFAP, partenaire du projet d’un particulier tourangeau et rétrocède par un bail la gestion des 11 logements pour 42 années à SOLIHA CVL.

« Avec nos partenaires du médico-social, nous avons pu croiser nos cultures professionnelles au bénéfice des jeunes suivis, pour qui l’orientation en foyer d’hébergement n’est plus une trajectoire automatique et obligatoire. » estime Stéphanie Hoinard. « Côté SOLIHA, nous avons ainsi assoupli nos critères d’accès au logement au regard du handicap. De leur côté, nos partenaires médico-sociaux envisagent différemment leur accompagnement, en repérant et préparant bien en amont les jeunes susceptibles d’évoluer vers l’autonomie dans le logement. Car payer son loyer, maîtriser ses charges locatives, entretenir un logement sont autant d’apprentissages qui peuvent s’anticiper. Collectivement, nous avons réfléchi à des outils communs, comme des grilles d’évaluation d’autonomie partagées, entre professionnels mais aussi avec les jeunes et leurs familles. »

Ouverture et bienveillance

Résultat : le rapide succès de La Maison a validé toutes les hypothèses, y compris le pari de miser sur la mixité des publics. À mi-année 2024, La Maison comptait 11 logements inclusifs, dont 5 mixtes, ouverts à des profils étudiants, alternants ou premier emploi. Pour Stéphanie Hoinard, « Le mélange des publics tire tout le monde vers le haut. Et cette ouverture instaure une particulière bienveillance, loin de l’entre-soi potentiellement étouffant du foyer. »

Ysaulde, une des locataires, témoigne d’ailleurs d’un « appel d’air » vécu en toute quiétude : « Je suis discrète et craintive car j’ai eu des mauvaises expériences. Ici je suis bien, je me sens en sécurité. Chez moi, je décide de qui peut venir. Et grâce aux moments partagés proposés, je fais des choses. Au final c’est cool, car en vrai je ne ferais rien sinon. »

Le projet est financé via l’Aide à la vie partagée (qui couvre un poste et demi) et via des financements de l’Agence Régionale de Santé (ARS). Dotations qui ont vocation à être assumées par les Départements à échéance 2027. L’avenir du dispositif est dès lors incertain, comme l’est la capacité des Départements à faire face à des besoins sociaux croissants.

 

« Ici je suis bien, je me sens en sécurité. Chez moi je décide de qui peut venir. Et grâce aux moments partagés proposés, je fais des choses. »

Ysaulde, locataire de la Maison du Hameau Saint-Michel

« Dès avant la loi ELAN et la mise en place de l’habitat inclusif, nous nous sommes posé la question : pourquoi ne pas tenter la solution du logement de droit commun pour des jeunes en situation de handicap ayant une capacité d’autonomie ? »

 

Partager cet article