Coloc’Jeunes : à Douai, un dispositif de colocation solidaire pour les jeunes en rupture de logement
07 août 2026
02 juillet 2026
Tribune du Collectif de l’Habitat Partagé qui appelle à une politique publique ambitieuse de l’habitat partagé, au service du lien social et de l’intérêt général
Le Collectif de l’Habitat Partagé accueille avec intérêt l’annonce d’une future feuille de route gouvernementale relative à l’habitat partagé, dans le prolongement des travaux conduits par l’IGAS. Cette dynamique témoigne d’une reconnaissance croissante des formes d’habitat fondées sur le partage, le lien social et l’entraide.
Le Collectif souhaite contribuer à cette réflexion en rappelant que l’habitat partagé concerne une diversité de publics et de situations, bien au-delà des seules politiques du vieillissement ou du handicap, et formule plusieurs propositions pour accompagner le développement de ces initiatives.
Nos sociétés traversent aujourd’hui des mutations majeures : recomposition des parcours de vie, vieillissement de la population, fragilisation des liens sociaux, évolution des structures familiales, montée de l’isolement, mais aussi aspiration croissante à des modes de vie plus collectifs et plus sobres.
Ces transformations touchent l’ensemble de la population — notamment jeunes et étudiant·es, personnes âgées, personnes en situation de handicap, ménages précaires — et interrogent notre capacité à imaginer des réponses adaptées, inclusives et diversifiées, permettant à chacun·e de vivre chez soi tout en étant relié·e aux autres.
Le Collectif de l’Habitat Partagé défend une approche fondée sur le lien social, la solidarité, l’émancipation et la capacité des habitant·es à prendre part, selon des modalités diverses, à la vie collective. L’habitat partagé ne se cantonne pas à des questions d’âge, de limitation fonctionnelle ou d’état de santé : il s’adresse à toutes et tous. Il se veut inclusif, ouvert sur la cité et sur la société, selon la volonté des habitant·es qui le composent.
Il recouvre une multitude de réalités : habitat participatif, colocation solidaire, habitat inclusif, pension de famille, cohabitation intergénérationnelle… avec un objectif commun : permettre à chacun·e de vivre chez soi, sans être seul·e.
Ce modèle répond à des aspirations croissantes. En France, comme partout en Europe, de plus en plus de personnes expriment le souhait de vivre dans des formes d’habitat conciliant intimité, espaces partagés et qualité des relations sociales.
Il permet également d’imaginer des parcours résidentiels plus diversifiés, davantage choisis et adaptés aux aspirations des personnes tout au long de leur vie.
Dans un contexte de crise du logement, de montée de l’isolement et d’urgence climatique, l’habitat partagé constitue une réponse pertinente.
En favorisant la mutualisation des espaces, des ressources et des usages, il contribue à :
De nombreuses études montrent que la qualité des relations sociales constitue un facteur déterminant du bien-être. Qu’il ait ou non recours à un service social ou médicosocial, l’habitat partagé permet ainsi de replacer la relation humaine au cœur des modes d’habiter. Il ne suppose aucun but lucratif pour aucune des parties.
Le concept et la mise en œuvre de l’habitat partagé sont essentiellement initiés par la société civile, les habitant·es, les associations, les bailleurs sociaux et les collectivités. L’habitat partagé a besoin d’un appui volontariste de l’État dans le cadre d’un contrat social renouvelé, qui implique de :
Le Collectif entend contribuer au débat public et au dialogue avec les pouvoirs publics et les collectivités afin de faire reconnaître l’habitat partagé comme une réponse aux enjeux contemporains du logement, des solidarités et de la transition écologique.
Composé de l’Afev, Habitat Participatif France, du Réseau HAPA, du Réseau Cohabilis, de SOLIHA et de l’Unafo, il représente près de 100 000 habitant·es vivant dans des formes d’habitat partagé.
Face aux défis démographiques, sociaux, sanitaires, écologiques et territoriaux auxquels notre société est confrontée, le Collectif appelle les pouvoirs publics à engager un dialogue structuré avec les acteurs du secteur afin de construire une feuille de route nationale permettant de changer d’échelle et de faire de l’habitat partagé un levier reconnu de cohésion sociale, de transition écologique et d’attractivité des territoires.